Mathieu Pernot

Survivances

 

Vernissage le 7 juillet jusqu'au 1er octobre 2017

 

[Exposition inscrite dans la programmation officielle du Grand Arles Express

N.B. = hors les murs des Rencontres de la photographie d'Arles]

 

 

L’exposition « Survivances » présentée à l’Hôtel des Arts, centre d’art du Département du Var, propose un parcours inédit dans le travail que Mathieu Pernot a réalisé auprès de diverses communautés tsiganes depuis une vingtaine d'années. Des installations, photographies, enregistrements sonores et documents d’archives établissent un récit protéiforme de l'histoire de cette minorité.

Le travail photographique réalisé par M. Pernot en Roumanie en 1998 dans le cadre d'une bourse de la villa Médicis hors les murs est exposé pour la première fois. Ce voyage, qui constitue un épisode singulier dans le travail de l'auteur, révèle avec simplicité la force des lieux et la puissance des visages auxquels il a fait face. Ces photographies offrent un glissement silencieux sur la réalité des communautés tsiganes d’Europe de l'Est.

La tragédie de l'Histoire est également interrogée au travers de travaux consacrés à l'internement des Tsiganes dans les camps de Saliers (Bouches du Rhône) et Rivesaltes (Pyrénées Orientales). Les fragments d'une ancienne baraque sont réassemblés et côtoient les carnets anthropométriques que les nomades devaient porter. La question du fichage trouve un double écho avec les photomatons d'enfants réalisés par Mathieu Pernot en 1995 et la présentation d’archives familiales constituées de photos d'identités datant des années 1950 aux années 1990. Par des installations vidéos, la question de la survivance de certains rites tsiganes – deuil, mariage, chant - est également abordée.

Cette exposition propose des fragments d'histoire et des éclats du réel dont la complexité est rendue par l’éclatement des formes de sa représentation. Elle rappelle que les images ne valent que par leur usage, une photographie d'identité pouvant finir dans le meuble de la caravane ou conduire à un camp de concentration. Elle nous dit aussi que les Roms ont survécu aux représentations archétypales que leur ont imposé nos sociétés et que leurs voix, plurielles, ne se sont pas éteintes.